200 ans de gaz

L’histoire du gaz est profondément liée à celle de l’éclairage public à Paris. Les découvertes et les travaux initiés à la fin du XVIIIᵉ siècle ont permis de lancer la grande aventure du gaz à Paris. Au début du XIXᵉ siècle, Paris s’éveille doucement  à la modernité

Il y a plus de deux siècles que l’énergie gaz s’est installée à Paris. Devenu très vite un outil de « bien-être » dans la vie des Parisiens, son ascension participa à l’essor et au développement de Paris et a fait souffler un vent de progrès sur la capitale.

Les 2 Premiers Siècles du Gaz

Visionnez , en cliquant sur l’image ci-dessous, la vidéo : Une fresque historique pour évoquer l’histoire du gaz depuis sa découverte jusqu’à nos jours

Grand Prix FIMAC 2008
Auteur et réalisateur : Bernard Billois
Direction artistique : Maud Rémy
Graphistes : Nicolas Lichtlé, Nicolas Vaissière
Production McCann G Agency

Durée: 11 mn 23

L’histoire du gaz

Le temps des pionniers

C’est en 1801 que le génie de Lebon éclate à la face du monde lorsqu’il réalise l’éclairage de l’hôtel de Seignelay en installant sa thermolampe (l’ancêtre de l’usine à gaz). S’il fut l’inventeur du gaz d’éclairage, c’est bien Frederick Winsor qui lance l’aventure industrielle du gaz d’éclairage à Paris en illuminant le passage des Panoramas en 1816 et la construction d’une petite usine à gaz près des jardins du Luxembourg chargée d’éclairer les galeries du Palais-Royal et de l’Odéon. Dans la lignée de Winsor, d’autres initiatives voient le jour, comme celle du préfet de la Seine, le comte de Chabrol, qui se servit du gaz pour alimenter l’hôpital Saint-Louis et ses dépendances, couvrant même un tiers des besoins en chaleur pour le chauffage de l’eau des bains. Cette installation a subsisté telle quelle jusqu’en 1860.

En 1818, Louis XVIII fonde de grands espoirs dans cette énergie et contribue à lancer son aventure parisienne, six ans après son avènement à Londres, en créant la Compagnie royale d’éclairage par le gaz. Si Henri IV avait en son temps dit que Paris valait bien une messe, Louis XVIII a choisi de marquer son règne en l’illuminant. Le premier éclairage public eut lieu place du Carrousel en 1818 suivi, en janvier 1819, par celui de la rue de Rivoli. C’est à cette occasion qu’apparaissent les premiers candélabres (réverbères sur pied).

En 1821, Paris compte quatre usines à gaz qui assurent une exploitation régulière dans leurs zones respectives. En 1824, les premiers essais des lanternes à gaz sont faits dans l’ancienne galerie de Fer, boulevard des Italiens, qui rejoignait la rue de Choiseul.

La naissance d’une industrie : de l’éclairage…

L’arrête préfectoral de 1822 et l’ordonnance royale de 1824 sont les premières bases réglementaires solides qui permettent à la jeune industrie gazière parisienne de se structurer. En 1836, six compagnies se partagent Paris. Si l’éclairage public est le produit « phare » avec les becs de gaz, l’éclairage privé se développe lui aussi, d’abord dans les rez-de-chaussées puis, avec la construction des conduites montantes, dans les étages permettant une plus large diffusion du gaz. En 1855, toutes les compagnies parisiennes se regroupent pour constituer la Compagnie parisienne d’éclairage et de chauffage par le gaz, sous la houlette du baron Haussmann. Elle sera d’ailleurs le concessionnaire unique de la ville jusqu’en 1905. Avec ce traité, Paris obtient notamment un intéressement sur le prix du gaz et la pleine propriété des canalisations, un défi majeur pour la capitale qui compte à cette même époque plus de 500 kilomètres de réseau et plus de 20 000 becs d’éclairage publics.

En 1889, si le gaz reste le maître de l’éclairage à Paris avec 1 800 000 becs de gaz privés et 55 470 becs d’éclairage publics, il doit faire face à un concurrent qui s’annonce : l’électricité. Le déclin arrive vers les années 1910 dans le secteur privé, avec des installations nouvelles qui adoptent majoritairement l’électricité. L’éclairage public continue d’illuminer Paris et 90 % de ses appareils sont encore au gaz en 1923. Il faudra attendre le début des années soixante pour voir disparaître le recours à ce type d’éclairage place de la Concorde.

Source: Gaz d’aujourd’hui (mai 2016), par Laura Icart

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